Jour de l’an à Macas, l’Oriente del Sur

Pour le jour de l’an, nous sommes revenus dans une «grande ville», sur la route 45, à 1000m d’altitude : Macas, 2° de latitude sud.

Cela aurait pu mal commencer, nous avons eu un accident de bus sur le tronçon Tena-Puyo… Enfin, y’a eu plus de tôle froissée que de mal !

Les traditions autour du passage d’une année à l’autre sont fantastiques : faire le tour du pâté de maison avec une valise pour voyager l’année prochaine, se balader la journée avec des billets dans les chaussettes pour devenir riche, etc. Les plus voyantes sont les muñecas, (littéralement «poupées»), mannequins qui incarnent l’année passée et tous les trucs qu’on n’a pas aimés, qui finiront rossés puis brûlés. On aurait pu en fabriquer une qui aurait dit «Élections, piège à cons !», on n’aurait pas fait tâche 😀

Pendant la journée, des jeunes déguisés en femme arrêtent les voitures pour financer leur soirée (gare à celui qui n’a pas de monnaie !). Le soir, la fête est partout …..

Beaucoup de quartiers ont fabriqué des scénettes pour se moquer de de personnages politiques (et Correa en prend pour son grade), ou une banque ou le fisc. Le scandale Publi-Fast, une «affaire en or» de publicité sur facebook – en réalité une pyramide de Ponzi – a marqué les esprits.

Enfin, notre voyage s’est terminé avec une nuit à Sucua, qu’on n’a pas vraiment appréciée tant c’était dense : on était sur les rotules.

On a quand même vu la place, et visité le jardin botanique, et revus ces gigantesques ficus. Nous, on a les «benjaminas», eux ils ont les «maximas» !

Retour à Cuenca par la vallée du río Paute, 6h de bus pour remonter dans la Sierra. Au lit à la maison le vendredi 2 à 23h. Heureux !

Misahualli : au pays des singes

Comparée à Ahuano, Misahualli est une « grande ville », sur la rive gauche du rio Napo, ce qui lui confère un statut de base arrière pour ceux qui vont aller plus loin à la découverte de la forêt primaire et de ses (très rares) habitants.

Sa place centrale est célèbre pour la présence de singes en liberté. La cloche de la petite église qui la borde est actionnée depuis le bâtiment d’à côté par une corde qui traverse la rue. Le soir, les nonnes regardent les indigènes danser.

Nous avons remonté à pied le rio Latas (un affluent du Napo) jusqu’aux cascades. Un aller retour sur un chemin très très glissant, la boue était fraîche du matin (les pluies tropicales sont courtes mais impressionnantes). Une heure et demie à l’aller, et une autre heure et demie au retour. Mais ça valait vraiment le coup.

Avant de quitter Misahualli, nous avons passé une nuit dans la comunidad Ayllu Awarina. C’est juste à côté, à trois minutes en pirogue. Manifestement, la communauté vit du tourisme : ils se déguisent avec des vêtements «traditionnels», dansent, font des rituels chamaniques, et montrent un boa et un bébé caïman. Notre logement se trouvait sur les hauteurs avec une vue magnifique sur le rio Napo. C’était bien d’y rester la nuit et de voir l’autre face de la médaille, ils étaient revêtus de tee-shirts et pantalons, jouaient au foot… L’ambiance n’était plus la même !

Un petit peu plus au coeur de l’Amazonie, le village d’Ahuano

Après les fêtes de Noël à Tena, nous sommes partis pour Ahuano, petit village au bord du Rio Napo, affluent de l’Amazone. Pour s’y rendre, nous avons pris le bus depuis Tena, qui nous a laissé au bord du fleuve. De là, nous avons pris une pirogue qui nous a conduit à la Casa de Doña Maruja.  Maison en bois au confort plus que sommaire. Nous sommes arrivés le 25 décembre, jour férié, l’eau était coupée puisque le gars qui s’en occupe ne travaillait pas ce jour là ! On a dû faire notre toilette avec l’eau de pluie récupérée dans des bassines !

La vue depuis la terrasse était magnifique : le Rio Napo et l’île d’Anaconda. Nous avons partagé pendant deux jours la vie de la famille. Doña Maruja vit dans sa maison avec son mari, sa belle-mère, sa fille et sa petite fille, son fils et sa femme. Nous avons mis du temps à comprendre qui était qui et qui vivait là, tellement il y avait de passage dans cette maison et de têtes différentes ! La communication a été difficile, en même temps nous étions chez eux, y mangeant matin, midi et soir et d’un autre côté nous étions accueillis comme simples touristes. Sacrée expérience !

Depuis Ahuano, nous avons fait une excursion dans la forêt primaire. Traversée du Rio en pirogue, petite rando sur l’île d’Anaconda, rencontre avec des indigènes qui nous ont montré la fabrication de la chicha (boisson ancestrale à base de manioc), le tir à la sarbacane, les peintures faciales avec le fruit du roucou, les pièges maison… Tout comme au cinéma !

Nous avons fait une visite du parc Amazoonico, « centre de réadaptation à la vie sauvage » qui récupère les animaux sauvages domestiqués illégalement : toucans, boas, singes etc. Nous avons visité aussi la ferme aux papillons. C’était magique de les voir sortir de leur cocon !

Ahuano est une sorte de bout du monde entre les Andes à l’ouest, et le désert vert amazonien à l’est. Ici, le goudron s’arrête. Nous ne nous enfoncerons pas plus loin. Mais les vacances ne sont pas finies !

Entrée en Amazonie : Tena

Tena se situe à 600m d’altitude, 1° de latitude sud, sur la «route 45» qui longe les derniers contreforts de la cordillère sur son versant amazonien. On y a passé deux nuits, dont la nuit de Noël, où le père Noël n’a pas manqué de passer (en T-shirt!), pour le bonheur des enfants.

On a passé un après-midi de baignade dans le Rio Tena, à la plage de Las Sogas. Un endroit populaire, dans une courbe de la rivière, avec quelques paillotes où on peut boire un coup, manger une glace (morceau de glaçon pilé arrosé de colorants variés), et probablement aussi danser la nuit. Déodat était très fier de ses prouesses 🙂

Quelques «petites» fleurs croisées dans le jardin de l’hôtel et ailleurs dans la ville …

En route pour l’Amazonie, première étape : Baños

Située au beau milieu du pays,  dans la Sierra Centrale, Baños est sur une des rares routes qui rejoignent l’Oriente ou l’Amazonie Equatorienne. Nichée à 1800 mètres d’altitude, la ville porte bien son nom, il y a de l’eau partout !

Le cadre est superbe, forêts, cascades, eaux thermales, rivières. Par contre,  la ville est un gigantesque complexe touristique, avec des hôtels et organisateurs d’excursions tous les 200 mètres…  On n’a pas vraiment adoré.

Enfin l’hôtel était sympa avec son toit terrasse qui domine la ville.

On a fait une sortie sur la « Ruta de las cascadas », route qui relie Baños à la ville de Puyo et longe les gorges du Río Pastaza (qui se jette dans le Marañón au Pérou, affluent de l’Ucayali, lui-même affluent de l’Amazone). Elle passe devant de nombreuses chutes d’eau. Nous avons pris la « tarabita », espèce de téléphérique qui nous a transporté aux devants des chutes. Par contre, nous n’avons pas osé le « canopy », grande tyrolienne que l’on peut prendre couché, assis, ou pendu par un pied et qui traverse la vallée sur environ 400 m (Déodat aurait bien voulu !). Puis, on a fini par la cascade du Pailón del Diablo, environ 80 mètres de chute d’eau, impressionnant !