A Quito, nous avons découvert Oswaldo Guayasamín.
Artiste équatorien né en 1919 et décédé en 1999, il a consacré une grande partie de sa vie à peindre la misère, l’exploitation et l’oppression.
Né dans une famille humble de 10 enfants d’origine indienne, il a commencé à peindre à l’âge de 7 ans avec le lait maternel de sa mère pour dissoudre les pastilles d’aquarelle. Malgré l’opposition de son père, il rentre aux Beaux-Arts en 1932 et s’affronte aux modèles et traditions en vigueur.
Il peint la cruauté, la violence, les injustices et prend position. Sans s’affilier à aucun parti politique, il milite pour la paix, soutient les peuples opprimés, les mouvements d’insurrection, la lutte pour l’intégration latino-américaine.
Soutenu par Rockfeller, il réalise son premier voyage à l’étranger en 1942-1943 aux Etats-Unis. Puis, en 1944-1945, il parcourt l’Amérique du Sud au cours duquel il réalisera les 103 tableaux « Huacayñan » (le chemin des lamentations). Entre 1964 et 1984, il réalise « La Edad de la Ira » (l’âge de la colère), qui reflète les cruautés la guerre civile espagnole, des camps de concentration nazis, des agissements de la CIA en Amérique centrale (entre autres), des dictatures du Chili, Argentine etc. Sa dernière période est « La Edad de la Ternura » (l’âge de la tendresse) durant laquelle il travaille sur le lien maternel, la mère, la femme source de réconfort dans les épreuves et source de courage par sa résistance à l’humiliation : un hommage à toutes les mères du monde.
En 1977, il créé la Fondation Guayasamin et fait don à l’Équateur de tout son patrimoine. Il réalise des expositions monumentales tout autour du monde. Il peint de nombreux personnages contemporains, écrivains, artistes, hommes politiques, hommes d’État (notamment Fidel Castro et François Mitterrand !)
A partir de 1996, il conçoit «La capilla del hombre» (la chapelle de l’homme) dont les travaux ne se termineront qu’après sa mort. Lieu qui dénonce l’exploitation de l’homme par l’homme.
« Si nous n’avons pas la force de serrer les mains de tous, si nous n’avons pas la tendresse de prendre tous les enfants du monde dans nos bras, si nous n’avons pas la volonté de nettoyer la terre de toutes les armées ; cette petite planète devriendra un corps sec et obscur. »
Oswaldo Guayasamín
















