Pâques au Nord

Pour les vacances de Pâques, nous avons visité le nord du pays.

Nous avons commencé par Otavalo, à 3h de bus au nord de Quito, en enjambant l’équateur ! La ville est réputée pour être «le plus grand marché d’artisanat du pays». L’industrie textile est très ancienne, et les incas puis les espagnols l’ont exploitée à outrance.

Effectivement, au moins le week end, le marché déborde très largement de la Plaza de Ponchos pour coloniser toutes les rues adjacentes. Cela dit, si on y trouve ce qu’on trouve partout en Equateur, il n’y a pas grand chose de bien original. On a regretté le marché de Pisac au Pérou !

L’originalité de cette ville tient peut-être plus des habitudes vestimentaires des femmes qui portent pour la plupart un ensemble blouse brodée de fleurs, ceinture large également brodée et jupe unie (simple rectangle de toile maintenu par la ceinture). L’ensemble est très populaire et beaucoup de jeunes le portent !

Nous sommes allés au « Lechero », arbre magique reconnu aux vertus curatives ! Selon la mythologie, c’est le  jeune Watanku qui s’est réincarné pour désobéir à la Tayta Imbabura (le volcan à proximité). Sa fiancée Ñustapacha, elle, s’est réincarnée en laguna (lago San Pablo), à ses pieds.

Le village de Mindo est une sorte de petit paradis à 2h30 à l’ouest de Quito. A 1250m d’altitude, son climat est chaud et la nature luxuriante. Les colibris grouillent autour des abreuvoirs. L’eau est partout et la ballade des 5 cascades du río Nambillo vaut le coup !

Puis ce fut Quito, avec ses deux «Mitad del Mundo» ! La première, l’officielle, est située au point mesuré par la «misión geodésica francesa» (entre 1735 et 1743, avec Charles de la Condamine, Joseph de Jussieu, et d’autres). Sa mission était mettre fin à une vielle polémique scientifique. Les uns (dont Newton, quand même) prétendaient que la terre était enflée à l’équateur, les autres prétendant au contraire qu’elle était allongée vers les pôles…. Bref, nos petits français ont commencé par trouver un point sur l’équateur, et ce point est devenu la «Mitad del Mundo» officielle. Sauf qu’ils se sont trompés de …. 200m ! Et bien sûr, à 200m passait le «Intiñan» (Chemin du Soleil) qui date des Incas… où se trouve maintenant une seconde «Mitad del Mundo», non officielle, mais qui se situe vraiment sur l’équateur.

La chose amusante, c’est que les deux sites s’ignorent complètement. Impossible quand on est dans l’un de trouver la moindre information sur l’autre 😀

A Intiñan, on a vu l’expérience de Coriolis, l’eau qui coule se met à tourner dans un sens ou dans l’autre suivant que l’on se trouve au sud ou au nord de l’équateur. Ça marche à trois mètres près, impressionnant !

Un téléphérique mène sur les premiers contreforts du volcan Pichincha, avec une vue magnifique sur Quito.

Mais c’est sans doute la découverte du peintre Oswaldo Guayasamín qui nous a le plus marqué. Une salle lui est consacrée à la Mitad del Mundo, mais on a surtout été marqué par la Capilla del hombre (chapelle de l’homme) qu’il a conçue lui-même, et par sa maison devenue musée.

« Si nous n’avons pas la force de serrer les mains de tous, si nous n’avons pas la tendresse de prendre tous les enfants du monde dans nos bras, si nous n’avons pas la volonté de nettoyer la terre de toutes les armées ; cette petite planète devriendra un corps sec et obscur. »

Oswaldo Guayasamín