En novembre, était organisée une manifestation intitulée « le marathon des contes ». Nous y avons découvert quelques auteurs de la littérature enfantine. Pour en citer quelques uns :
– Edgar Allan García de Guayaquil
– María Fernanda Heredia de Quito
– Ana Carlota González de Quito
– Edna Iturralde de Quito
L’homme de Quito de Jorge Icaza (El Chulla Romero y Flores), 1958
El chulla est l’histoire d’un bureaucrate de Quito, qui aspire à devenir « quelqu’un » en essayant d’effacer ses racines indiennes.
« Peut-on caresser d’ambitieux rêves de grandeurs lorsqu’on est un bureaucrate de Quito, métis de surcroît ? Luis Alfonso Romero y Florès le croit depuis qu’il a été nommé contrôleur aux comptes de la haute société. Quitte à fermer les yeux sur les contradictions de sa double filiation, espagnole et indienne, quitte à oublier l’arrogance et le mépris des Blancs qui, eux, n’oublient rien.
Mais parce qu’il est prêt à tout pour échapper à son sort, Luis Alfonso précipitera sa chute. En effet, il s’attaque au candidat à l’élection présidentielle. Quelle erreur !
Contraint de chercher refuge dans les bas-fonds de la ville, auprès de ceux, Indiens et miséreux, qu’il croyait pouvoir dédaigner, il prendra conscience de l’ambiguïté et de la cruauté de sa condition de « chulla », fruit complexe de deux races que tout sépare au sein d’une société chaotique. »
Roman noir et émouvant, dans la mouvance de la littérature « indigéniste ».
Llevo 3000 años pintando, La historia de Oswaldo Guayasamin
de Edna Iturralde, 2011
Une biographie du grand maître Guayasamin, en espagnol. Comment il est devenu peintre, comment il a réussi, et pourquoi il a peint ce qu’il a peint.
« Deux aspects de la personnalité de Guayasamin – un peintre universel né en Equateur – s’unissent dans un cercle magique : l’artiste qui cherche la paix peint la guerre et l’injustice, et l’homme qui déploie ses racines indigènes avec une passion féroce dans son oeuvre grandiose ! »
Le procès des étoiles, de Florence Trystam, 1979
Récit passionant de la «misión geodésica francesa» (entre 1735 et 1743, avec Charles de la Condamine, Joseph de Jussieu, et d’autres). Sa mission était de mettre fin à une vielle polémique scientifique. Les uns (dont Newton, quand même) prétendaient que la terre était enflée à l’équateur, les autres prétendant au contraire qu’elle était allongée vers les pôles…
Ces savants arrivent à Manta, passent par Guayaquil et Cuenca pour rejoindre Quito, mesurent 2° de méridien entre Quito et Cuenca, une aventure de dingue….
La Condamine et Godin qui ne se parlent plus, Jussieu qui devient fou, Isabelle seule survivante de l’expédition par l’Amazone pour rejoindre son mari à Cayenne depuis Riobamba, les mines de Zamora et de Potosi, le tsunami qui a ravagé Callao, esclavage des «indiens», puissance des créoles, règlements de comptes, enjeux personnels et politiques… Ce livre est un bel hommage à la passion de ces hommes, et à leur fragile humanité. Et c’est aussi une mine de renseignements historiques pour qui veut découvrir l’Équateur, alors régenté par l’Espagne sous la dénomination de «Présidence de Quito», dépendant du «Vice-Royaume du Pérou».